marți, 27 martie 2012

30 Janvier

J’ai été chez Monsieur Tennon, célèbre chirurgien que j’avais recontré l’autre jour chez Monsieur Clairaut. Ensuite j’ai été chez Monsieurs Deguignes, auteur d’une Histoire des Huns avant leur établissement en Hongrie (cinq volumes in 40), d’après les anciens documents manuscrits chinois et arabes de la Bibliothèque Royale. Cette oeuvre a demandè un grand travail, dit-il. Il y a travaillé pendant douze ans. Il connaît bien la langue arabe, et, ce qui est forte rare, il comprend le chinois pour avoir travaillé des manuscrits chinois.
(pg. 93)

18 Décembre

Ce matin j’ai été chez les Carmélites, que l’on appelle aussi les Déchaussées. L’église de ce couvent vaut la peine d’être visitée, surtout à cause des admirables peintures, bien travaillées, du fameux Champaigne. Au plafond il y a un crucifix fort célère car, bien qu’il soitpeint horizontalement au-dessus de la tête des spectateurs, il semble être peint verticalement. Dans une des chapelles ont voit encore l’image de Marie Madeleine, tourmentée par ses pêchés, oeuvre du célèbre peintre Lebrun. En deux mots: l’église est fort belle.
De là, j’ai été visiter l’église de l’Abbaye de Notre-Dame du Val de Grâce. C’est un des plus belles et des plus célèbres églises parisiennes. Led dalles en sont de marbre pur; l’autel , flanqué de six colonnes en marbre pur et rare, est fort beau.
A proximité de cette église on voit notre temple, celui des bénédictins anglais venus à Paris au siècle passé. Il est petit et simple, mais la sépulture de Jacques II, Roi chassé d’Angleterre, mérite bien la visite. L’effigie en cire du Roi se trouve dans un petit tiroir près du tombeau.
(pg. 75, 76)

16 Décembre

Ce matin j’ai visite l’Église Saint Roch: elle a une belle architecture et une belle installation. La chaire du prédicateur est très réputé. Elle est en marbre pur bien travaillé, mais, quoi qu’en disent les Français, le travail pourrait en être encore plus beau. L’autel, et surtout le petit Calvaire, derrière le maître-autel, figurent, dans un paysage rocheux, la mise en croix de Notre Seigneur et les soldats de garde couchés à plat ventre. Le maître-autel n’étant pas haut cette croix se voit de la porte. Elle est très bien placée.
De là j’ai été à l’église Saint-Étienne, église très belle. Dans un cimetière où l’on entre de l’église, il y a une galerie dont les fenêtres sont peintes. Un enfant, à qui l’on jette quelques sous, vous la montre.
Ensuite j’ai été à l’église Sainte- Geneviève, à quelques pas de l’Église Saint-Étienne. Sainte- Geneviève est la patronne de la ville de Paris. On en voit l’explication dans l’église. Cet explication devrait bien faire honte à la sagesse humaine d’aujourd’hui. Dans la première moitié de l’église il y a quatre grands tableaux. Le premier a été fait en souvenir de la guérison du Roi actuel, Louis XV, guéri de sa maladie de Metz et, selon l’inscription, par l’intercession de Sainte- Geneviève. Le second a été fait en souvenir de la déliverance du peuple de la cherté et de la disette de 1725, sous le règne de ce même roi. Le troisième en souvenir des mêmes bienfaits, sous Louis XIV. J’ai oublié la légende du quatrième.
Sous un pilier on voit la tombe de Descartes avec une belle épitaphe, moitié française, moitié latine.
(pg. 74)

3 Décembre

De là j’été au Palais dit “du Luxembourg” où il y a de fort beaux tableaux signés des maîtres les plus célèbres, dans quatre ou cinq pièces. Il y a 109 tableaux, peut-être plus, mais c’est le chiffre qui figure au catalogue. Ouvert à tout le monde mercredi et samedi. Dans la maison extérieure on peut acheter le catalogue imprimé de ces tableaux. En outre, il y a une galerie peinte par Rubens: 21 grands tableaux dans lesquels Rubens, appelé à Paris par la Reine en 1621, représente la vie et les évènements les plus importants, comme la niassance, les études et les fiançailles, de la Reine Marie de Médicis, épouse de Henri IV. Ce sont de grands tableaux fort beaux, occupant chacun un pan de mur entre deux fenêtres.
(pg.68)

29 Novembre

Dans l’après-midi je suis allé à la Sorbonne pour y voir la chapelle, une des plus belles, et peut-être la plus belle de Paris. L’extérieur et l’intérieur valent la peine d’être vus, surtout le sépulcre en beau marbre du Cardinal de Richelieu, placé juste devant l’autel. La statue du Cardinal est de grandeur nature, fort ressemblante, dit-on. A sa tête la Religion et à ses pieds la Science, sont représentées par deux jeunes femmes. La première tient la tête du Cardinal. Le monument est d’un beau travail et entièrement fait de marbre blanc.
J’ai été à l’eglise de Saint André des Arts où sont enterré les deux Thuanus tant réputés: Christophorus et son fils, Jacobus Augustus. Ils ont un beau mausolée et l’inscription est fort belle. Je la recopierai à un autre occasion, si le temps le permet.
De là, je suis allé à l’église des Célestins où il y a beaucoup de beaux mausolées. J’en ai vus plusieurs qui sont dignes d’être notés: 10, le tombeau en marbre de Leo de Lusignan, Roi d’Arménie, mort à Paris en l’an 1693; 20, le tombeau en marbre de l’épouse du prince de Bedford (au-dessus d’elle de petites statues représentent des moines en pleurs); 30, le tombeau de l’épouse de Charles V, Roi de France,- Jeanne de Bourbon. Il renferme son coeur et ses entrailles.
Devant l’autel, à gauche, il y a une grande chapelle avec plusieurs beaux mausolées comprenant: 40, au milieu, un grand monument avec quatre sculptures; c’est le monument surmontant la tombe de quatre morts. La première statue, en haut, est celle de Louis d’Orléans assassiné perfidement sur l’ordre de Jean, duc de Bourgogne, en 1417. A sa gauche, la statue de son épouse, Valentine, fille du prince de Milan. Sous ces statues, reposant sur de petites colonnes, se trouvent celles du fils aîné, Charles duc d’Orléns, père de Louis XII, et du fils cadet, Philippe comte de Vertus. 50, ici-même un autre monument: une colonne appuyée par les trois Grâces. La partie supérieure de la colonne renferme le coeur de Henri II et celui de son épouse, Catherine de Medicis. 60, tout près, un autre monument renfermant les coeurs de François II et Charles IX, rois de France. 70, le mausolée du duc de Montmorency, mort en 1564, blessé à la bataille contre les protestants. 80, tout près de là, le mausolée du duc de Longueville et celui de Philippe Chabotte; enfin d’autres également beaux et dignes d’être vus, mais je n’ai ni le temps ni l’intention d’en donner la description.
(pg. 65,66)

21 Novembre

Cet après-midi je suis allé visiter la cathédrale que l’on appelle: l’Eglise de Notre-Dame. Ce vieil édifice gothique est très grand. Je n’insiste pas sur les détails (d’autres en ont assez parlé) quant à l’âge (elle est la plus ancienne parmi toutes les églises de Paris) et quant à ses dimensions (la plus grande parmi les églises de Paris, mais pas parmi les églises d’Europe). Elle est belle, mais on ne peut pas dire qu’elle soit très belle.
Derrière le maître-autel il y a une statue de marbre de belle taille, représentant la descente de croix du corps de Notre-Seigneur par la Sainte Vierge. A gauche de l’autel se trouve la statue en marbre de Louis XIV, également à genoux. Ces deux statues illustrent l’histoire du voeu que le roi Louis XIII fit lorsque, n’ayant pas d’héritier mâle, il promit à la Sainte Vierge de lui élever un autel et de mettre le pays sous sa protection, si elle lui accordait un fils. Sa prière fut exaucée par la naissance de Louis XIV.
Cependant Louis XIII mourunt et c’est son fils qui remplit le voeu paternel en faisant établir cet autel avec les deux statues mentionnées: la sienne et celle de son père.
Dans la même église, un peu devant l’autel, sous une dalle, se trouvent le coeur de Louis XIII et celui de Louis XIV. Les inscriptiones (latines) relatent le fait tout en indiquant le jour du décès de chacun d’eux.
Au mur il y a huit grands tableaux, quatre d’un côté, quatre de l’autre et qui méritent d’être vus.
Cette église a deux tours mutilées. J’y suis monté. De là-haut on aperçoit la ville entière. On paie quatre sous par personne.
(pg. 60)

23 Novembre 1760

Promenade aux Tuileries. J’ai visité la Place Royale. Au milieu se trouve la statue équestre en cuivre de Louis XIII. C’est un vaste emplacement carré, bordé de grilles en fer.
(pg. 62)